...........................................................................................................................................

TEXTES
...........................................................................................................................................

AUDREY ILLOUZ & ANN STOUVENEL
...........................................................................................................................................

François Feutrie, Une Mutation Annoncée, 2012

AI — En quoi Une Mutation Annoncée joue-t-elle avec l’histoire des Verrières ?

AS — Cette sculpture revient sur un moment clé du bâtiment et s’inscrit dans un temps présent, appartenant déjà à l’histoire : celle d’un établissement hôtelier qui avait pour coutume d’accueillir les artistes de tous horizons. L’œuvre, faite en métal et renvoyant ainsi au matériau constitutif de l’architecture (armature d’acier), fixe les plans de ce bâtiment bientôt bouleversé et transformé en musée.

AI — François Feutrie évoque à propos de ce projet une « microarchitecture ». Comment décrirais-tu spatialement Les Verrières ?

AS — Les Verrières sont établies sur un plateau, visible dans les « microarchitectures » de l’artiste, qui occupe l’ensemble du dernier étage de l’Hôtel de Ville, anciennement l’Hôtel Julia. Les ateliers sont pensés comme tels depuis la fin du XIXe siècle, comprenant des ouvertures au nord afin de bénéficier d’une lumière indirecte. Ces lieux sont pour moi patrimoniaux et révélateurs d’un passé riche d’ouverture et d’échanges.

AI — À l’heure où Les Verrières sont menacées de fermeture, les œuvres réalisées en hommage à l’activité du lieu (notamment Protubérance de Parquet, un condensé d’art de Pont-Aven) ont une résonance particulière, n’est-ce pas ?

AS — Ces œuvres contextuelles rendent effectivement hommage à l’activité artistique du lieu. Alors que François Feutrie récupère les résidus de peintures accumulés sur le sol des ateliers et laissés par les nombreux artistes de passage depuis un siècle et demi, il est saisissant de voir comment, à l’inverse, un conservateur ne va pas hésiter à phagocyter ces espaces, ayant fortement marqué autant la population que l’Histoire de l’art.

© Entretien entre Audrey Illouz, critique d'art & commissaire d'exposition et Ann Stouvenel, commissaire d'exposition & Responsable des Verrières — Résidences - Ateliers de Pont-Aven, in Catalogue de l'exposition «Zone autonome mutualisée», 2012.