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TEXTES
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NINA LÉGER
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François Feutrie, The medium is the message, 2017

François Feutrie a longtemps réfléchi à la question du paysage. En proposant des «Paysages d’intérieurs» ou des «Fictions souterraines», il a joué avec le genre et développé une compréhension du paysage comme géologie plutôt que topographie.

The medium is the message change de champ. Le titre est issu du fameux ouvrage du théoricien des médias, Marshall McLuhan, Understanding Media (1964). En déclarant que «le médium est le message», McLuhan propose de déplacer l’attention du contenu transmis au moyen de communication lui-même, la modalité de communication qu’inaugure un médium constituant la véritable information, le véritable message. Dans le domaine artistique, la position de McLuhan fut utilisée pour exprimer l’importance que le modernisme accordait à la spécificité de chaque médium plastique, exigeant de l’œuvre qu’elle ne véhicule aucun message excédant la réaffirmation des qualités propres à ce médium. La peinture se devait ainsi d’affirmer la planéité de la toile et exclure toute illusion de profondeur.

C’est une reprise joueuse de McLuhan que propose François Feutrie. D’abord, parce que son œuvre se situe hors des catégories du modernisme et qu’elle exploite allègrement les effets illusionnistes du cuivre poli. Ensuite, parce qu’il livre du médium une interprétation matérielle littérale en découpant les deux treilles distordues dans deux planches de médium auxquelles il superpose des feuilles de cuivre, métal conducteur et composante matérielle de la plupart des supports de communications techniques étudiés par McLuhan.

© Nina Léger, in catalogue de l’exposition «Sculpter (Faire à l’atelier)», éditions Fage, mars 2018